Histoire

Tous les indices historiques laissent à penser que le surf est né à Hawaï. Il s’agirait en fait d’une évolution de son vieux cousin tahitien, le « debout sur une planche polynésien » qui ne s’appelait pas encore paddle. En croisant cette discipline avec le bodysurf, qui consiste à prendre une vague avec le corps en guise de planche et avec les bras comme seule propulsion, naquit le surf. Le premier témoignage que l’on retrouve à propos du surf est celui de James Cook, découvreur des îles d’Hawaï en 1778.

La planche de surf la plus ancienne connue à ce jour a été retrouvé en 1905 à Ko’Okena, sur Big Island, à Hawaï, dans le tombeau d’une « chefesse » du XIVe siècle nommée Kaneamuna. Cette planche, était directement sculptée dans le bois d’un arbre à pain, bien différente du matériel que l’on connait aujourd’hui, d’un niveau technique pareil aux premiers skis.

Le surf fait partie intégrante de la culture hawaïenne depuis des siècles. Les premiers explorateurs de l’archipel décrivent les indigènes comme un peuple aquatique dont les individus de tout âge et de tout sexe s’adonnaient à cette pratique, comme un rite culturel, voire religieux.

Surfeur hawaïen 1898 presque nu plage                                                  Homme sur la plage à Tahiti en 1898 avec une ancienne planche de surf

 

Le surf fut un temps interdit au XIXe siècle à Hawaï par les colons américains, car il était généralement pratiqué nu, et alors considéré comme « dépravant ». Ce n’est qu’au début du XXe siècle que le sport connut un second souffle sous l’impulsion du champion olympique de natation Duke Kahanamoku qui se lança dans une véritable évangélisation du monde au culte du surf via les nombreuses démonstrations qu’il réalisa, notamment aux Etats-Unis et en Australie.

Aujourd’hui, les longboards modernes sont l’héritage des premières planches hawaïennes, alors que les shortboards ne virent le jour que dans les années 1960-70. Mais l’histoire de ces planches est l’objet d’un autre chapitre (voir partie suivante).

Statue Duke Kahanamoku Waikiki Oahu Hawai     La statue de Duke Kahanamoku accueille les surfeurs du monde entier sur la plage de Waikiki à Oahu, Hawaï

 

 

Equipement

Les planches de surfs se distinguent en 2 principales catégories : les longboards, longues, larges et épaisses, prennent rapidement de la vitesse, ont une meilleure capacité de flottaison que les shortboards, qui elles, sont plus courtes, plus légères, fines et effilées afin de permettre une maniabilité et une liberté de trajectoire bien plus grande.

Tout savoir sur le shortboard et sa pratique

Le shortboard est la planche la plus connue, celle que nous avons tous en tête lorsque l’on mentionne le mot surf : une planche entre 1,5 m et 2 m au nez pointu, technique elle requiert une plus grande maîtrise du surfeur qu’une longboard. Cette planche permet de réaliser de multiples figures plus acrobatiques les unes que les autres pour un surfeur qui en a réellement acquis toute la maîtrise. Le surfeur ride généralement parallèlement à la vague pour prendre de la vitesse et réaliser des figures. On ne surfe la vague perpendiculairement qu’au moment de se lever. Certains spots offrent des vagues très puissantes et creuses qui permet de surfer à l’intérieur du rouleau et de réaliser une figure appelée tube.

Tout savoir sur le longboard et sa pratique

Le longboard est une planche longue au nez arrondi. Elle est plus stable mais moins maniable que se petite sœur plus courte. Elle permet en revanche de surfer dans des conditions ou une shortboard, du fait de sa plus faible flottaison, ne pourrait être utilisée. Exemple : lorsque les vagues sont rapides et nécessitent une propulsion et une vitesse importantes du surfeur, le longboard permet d’atteindre cette vitesse, tandis que le surfeur s’enfonce plus dans l’eau avec une petite planche et a donc plus de mal à prendre de la vitesse. Ce style de surf privilégie la glisse plutôt que des figures acrobatiques et vives. Le surfeur doit sans cesse adapter sa position sur la planche afin de rester dans la vague. Lorsque celui-ci voit sa vitesse ralentir, il doit se placer plus en avant sur la planche pour enfoncer le nez et regagner de la vitesse et inversement lorsque la planche va trop vite et risque de piquer du nez.

Enfin, un tel type de planche offre une plus grande stabilité au surfeur, lui permettant de prendre des poses très théâtrales, voire de surfer à deux, en tandem.

La plupart des planches sont désormais fabriquées en résine polyester, fibre de verre et mousse polyuréthane. La forme de la planche est appelée shape tandis que les artisans qui les fabriquent sont appelés shapers et ceux qui réalisent le glass (revêtement) sont appelés glasseurs.

Typolgies planches de surf

Aujourd’hui, avec l’évolution des planches et les nouvelles technologies, il existe de nombreuses shapes différentes :

  • Les shortboards sont les planches les plus communes. En forme d’ovale allongé, courtes et étroites (1,5 à 2 m pour 44 à 49 cm de large), elles sont destinées aux surfeurs expérimentés.

  • Les planches évolutives ou hybrides mesurent entre 1,90 et 2,20 m pour une largeur de 49 à 52 cm. En restant larges et épaisses, ces planches ni courtes ni longues conservent plus de stabilité qu’un shortboard tout en offrant une bonne maniabilité. Elles sont souvent employées par les surfeurs moyens pour mettre le pied à l’étrier avant de passer au shortboard.

  • Les planches dites fish sont relativement semblables aux évolutives mais en plus courtes et plus larges. D’une longueur comprise entre 1,70 et 1,90 m pour au moins 52 cm de large, les fishs sont beaucoup plus volumineuses que leurs grandes sœurs évolutives. Elles sont dotées d’une forme assez ronde et leur queue est coupée en deux ailerons à la manière d’un poisson. Elles sont surtout utilisées dans les petites vagues, où les longboards et mini-malibus seraient malaisés.

  • Le mini-malibu est la planche la plus simple à surfer : entre 2,20 et 2,60 m de long pour 52 à 56 cm de large, avec son nez arrondi, elle est la chouchoute des débutants et surfeurs moyens pour des vagues molles et moyennes.

  • Avec une longueur de 9 pieds (2,75 m) de long minimum, 56 cm de large et une épaisseur importante, le longboard, aussi appelé malibu, est la planche la plus lourde et la plus difficile à manœuvrer. Elle permet une glisse tout en douceur sur des centaines de mètres le long des vagues à la façon années 1960. Attention, il ne s’agit pas là d’une planche pour débutants, passer la barre avec une telle planche peut se révéler être une véritable épreuve. Ces planches existent aujourd’hui avec des shapes modernes (avec le nez pointu), pour plus de radicalité.

  • Le gun est la planche réservée aux surfeurs experts et un peu fous souhaitant s’attaquer à des murs d’eau géants. D’une longueur de 2,10 à 3 m, les guns sont très volumineux tout en restant fins, ce qui permet un take-off très rapide sur les grosses vagues.

Tous les types actuels de planches de surfDe gauche à droite. Planches du haut : shortboard, longboard, mini-malibu.

Planches du bas : gun, fish, évolutive.

 

 

Figures

Globalement, plus une planche est courte et légère, plus elle est maniable. Les planches ont des shapes et des poids spécifiques qui favorisent certaines figures plutôt que d’autres, puisque ces paramètres influent sur la stabilité et la maniabilité. Voici les principales figures possibles en surf :

Bottom turn : descendre en bas de la vague, tourner et remonter

Cut back : Virage qui ramène le surfeur vers le point de déferlement de la vague, l'intérieur, pour y reprendre vitesse et énergie. 

Floateur : Figure fonctionnelle qui consiste à passer une section de la vague en surfant sur le dos de celle-ci. 

Hang-Five : Figure traditionnelle de Longboard et Stand up paddle constitant à surfer le plus possible sur l'avant de la planche.

Kick-out : Sortir, quitter volontairement une vague.

Layback : Position de surf backside, dans laquelle le surfeur s'adosse et même se couche dans le curl de la vague. 

Re-entry : Manœuvre percutante exécuté en haut de vague. Si le surfeur y ajoute de la radicalité, le roller coaster deviendra tour à tour un reentry, un off Thetop ou autre off the Lip. 

Roller : Virage serré en haut de vague. 

Slash back : Cut back exécuté de façon très violente, avec dérapage de l'arrière de la planche. 

Snap back : Assimilable à un cut back, exécuté de façon extrêmement brutale, sans dérapage. 

Take-off : fait de se mettre debout

360 : pratiqué sur la vague ou dans les airs, il consiste à réaliser une rotation complète sur soi-même (et rotation de la planche avec bien sûr)

Figure tube à Teahupoo à Tahiti

Cutback surf vague backsideHaut : tube sur le spot de Teahupoo à Hawaï

Bas : cutback backside (dos à la vague)

 

Les grands spots de ce monde

En France les spots principaux sont Biarritz au pays basque, Hossegor dans les Landes ou encore la Torche en Bretagne.

Dans le monde, Hawaï demeure un haut lieu du surf, connu pour en être le berceau, on y trouve notamment le spot mythique de Banzai Pipeline, sur la côte Nord d’Oahu, où tout surfeur expérimenté est obligé de passer pour espérer se faire un nom dans ce cercle restreint. Cette plage est le lieu parfait pour les gros tubes, avec des rouleaux dévastateurs de plus de 3 m, pas vraiment idéal pour les débutants.

Banzai pipeline spot Oahu à Hawaï                                               Banzai Pipeline et ses admirateurs à Oahu, Hawaï

 

L’Indonésie est également un grand pays de spots de surf. On peut citer la vague mythique d’Uluwatu à Bali ou encore Desert Point à Lombok. On retrouve des spots de surf uniques sur beaucoup d’autres îles parmi les 13 466 que compte le pays.

L’Australie, pays de vagues et terre d’émergence de nombreux grands surfeurs, offre de nombreux spots sur ses côtes. On compte notamment Bells Beach, berceau du surf australien qui accueille chaque année à Pâques le Rip Curl Classic qui rassemble des champions de toute la planète.

Bells Beach en Australie proche de Melbourne                                       Bells Beach, proche de Melbourne au Sud de l'Australie

 

Il faut aussi composer avec le Brésil, pays de Caio Vaz, avec ses côtes paradisiaques et son ambiance de folie. Les vagues de l’Atlantique y sont certes impétueuses et intéressantes à surfer mais arrêtons-nous sur un phénomène bien plus particulier encore : Pororoca, le plus long et parmi les plus puissants mascarets (vagues de fleuve) de la planète, sur l’Amazone. Des centaines de surfeurs expérimentés vienne se frotter chaque année à la plus longue vague du monde pendant ces trois jours si particuliers qui ont lieu tous les ans en février-mars. C’est sur cette vague qu’est détenu la plus longue durée de surf de la planète : 40 minutes en continue.

D’autres pays tels que le Portugal avec Peniche ou le Maroc avec Killer et Anchor Points offrent également de grands spots pour le surf.

Surf sur Pororoca sur l'Amazone au Brésil plus gros mascaret du monde                                      Surf sur le plus grand mascaret du monde, Pororoca sur l'Amazone, au Brésil

 

 

La légende du surf incarnée en 3 riders

Le surf est un phénomène évolutif, comme tout sport. On est passé de simples planches de bois flottant avec peine, à des shortboards glissant et bondissant dans tous les sens. Mais ces changements ont eu lieu sous l’impulsions de quelques ambassadeurs. Il y a un avant et un après certaines personnalités qui ont marqué le surf à jamais. En voici trois:

Duke Kahanamoku

Comment ne pas commencer par Duke (oui oui c’est son vrai prénom), aussi appelé le papa du surf ? Originaire de Onolulu à Hawaï, il est tout d’abord détenteur de 5 médailles olympiques, dont deux d’or au 100 m nage libre et une autre d’or au relais 4 x 200 m. Au cours des années 1920, il se lance dans des démonstrations de surf qui gagnent une grande audience lors de compétitions de natation. Il montre également ses capacités de sauveteur en mer et le potentiel de la planche de surf et secourant à plusieurs reprises des nageurs en difficulté. Véritable fondateur du surf moderne, voilà ce qui lui vaut la première place dans ce top.

Kelly Slater

Un immense champion, un battant et un innovateur, voilà qui est Kelly Slater en trois mots. Sacré champion du monde 11 fois (on le surnomme Ke11y), il est également le plus jeune détenteur de ce titre (à 20 ans) et le plus âgé (à 39 ans). C’est le champion ultime du surf, il a tout fait, tout battu, il a surfé les plus grandes vagues du monde, et continue aujourd’hui à contribuer au sport grâce à des innovations telles que les piscines à vagues ou la vague parfaite (vague artificielle qui peut durer trèèèès longtemps et adopter la forme et la puissance souhaitées). Le Floridien aura dominé le surf mondial des années 90 et 2000 tout en restant cool (il a un jeu vidéo sur lui) et beau (classé parmi les 50 hommes les plus beaux du monde par People Magazine en 1991).

Layne Beachley

Passée professionnelle à l’âge de 16 ans, Layne Beachly détient un record qui n’a rien à envier à Ke11y : elle est la personne qui détient le plus grand nombre de titres de champion du monde consécutifs, femmes et hommes confondus. Vainqueure pour la première fois en 1998 à l’âge de 23 ans, elle conservera son titre 6 ans durant, avant d’être défaite en 2004. Elle conquerra le trône de la glisse une dernière fois en 2006 avant de prendre sa retraite sportive en 2008. L’Australienne entra en 2006 au Hall of Fame des surfeurs en Australie comme en Californie, et au Hall of Fame des sportifs en Australie en 2011. Cette célébrité s’efforce aujourd’hui de passer le flambeau à la nouvelle génération via des coachings à travers le monde.

3 légendes du surf : Kahanamoku Slater Beachley                                                               De gauche à droite : Duke Kahanamoku, Kelly Slater, Layne Beachley

 

 

Les principaux événements

Le championnat de surf le plus important est le Word Championship Tour (WCT), organisé chaque année par la World Surf League. Ce championnat se déroule de février à décembre, à l’issue duquel sont désignés le champion et la championne du monde de surf. Il est composé de nombreuses épreuves qui ont lieu tout le long de la saison un peu partout dans le monde, elles-mêmes organisées sous forme de tournoi à 6 ou 7 tours. Chaque tournoi rapporte un certain nombre de points, selon l’importance de l’épreuve et permet en fin d’année d’établir le classement mondial des surfeurs du WCT en fonction du nombre de points engrangés.  

La World Surf League organise également chaque année le World Qualifying Series, championnat intimement lié au WCT puisqu’il permet l’accès au championnat du monde aux 15 meilleurs surfeurs issus de ce championnat de « pré-sélection ».

Plus proche de nous, on compte les championnats d’Europe et de France, dont le champion français Jérémy Florès s’est fait maître. On le dit le meilleur surfeur français de tous les temps, ayant participé 11 fois au WCT qui regroupe la crème de la crème du surf mondial, et ayant accédé à son apogée à la 8e place du classement. En 2015, il remporte notamment l’épreuve de Teahupoo à Tahiti, spot aux plus grosses vagues du monde.

Pour terminer, il faut citer le Pipeline Masters à Hawaï, compétition de tubes la plus prestigieuse du monde (remportée en 2010 par Jérémy Florès).

Big wave surf ton droit à Teahupoo à TahitiBig wave surf parallèle à Teahupoo à Tahiti                                                   Teahupoo : l'épreuve "grosses vagues" du WCT

 

Kelly Slater cutback frontside Pipeline Masters Oahu à HawaïFigure tube aux Pipeline Masters à Oahu à HawaïLes Pipelines Masters, épreuve culte du WCT. En haut : Kelly Slater réalisant un cutback frontside

En bas : tube sur un gros rouleau de Banzai Piepeline